Changer notre regard sur le handicap


Stress et changer son regard sur le handicap

Les maladies source de handicap sont à l’honneur tout le week-end. Valides et invalides réunies pour un objectif commun : guérir les maladies génétiques, source de handicap.

Notre attention, notre regard sera portée sur les talents et les ressources de ces personnes par les médias et l’ensemble des manifestations organisées, où les lieux sont accessibles à l’accueil de tous pour ce grand rassemblement.

Mais quel est notre regard au quotidien, face au handicap ? Quels sont nos préjugés, nos limites ? Quelles sont nos peurs face au handicap ? Quelle image le handicap nous renvoi ?

Notre regard sur le handicap est souvent générateur de dualités internes, source de stress, par le jugement que nous portons sur l’autre, mais également sur nous-mêmes, face à notre incapacité à agir positivement et de façon constructive, avec la personne souffrant de handicap.

Le handicap, qu’il soit visible ou invisible, est parfois source de conflits par l’incompréhension et le sentiment d’incompréhension de l’entourage (famille, amis).,cf. article : Stress et accueil d’un enfant en situation de handicap au sein de la cellule familiale

Nos questions et nos préjugés sur :

– l’impossibilité de communiquer
– d’inter-agir
– de réaliser des études
– de s’intégrer à un groupe
– de travailler
– de réaliser des études
– …

en lien avec le handicap sont aussi celles de la personne qui souffre d’un handicap et de son entourage proche, en particulier sur l’insertion familiale, sociale et professionnelle.

Accepter nos peurs, nos angoisses, comme pour toutes situations, c’est s’autoriser à comprendre ses mécanismes de fonctionnement, leurs origines, en fonction de notre personnalité, notre vécu, notre environnement, face au handicap.

C’est une opportunité pour prendre du recul, se libérer de ses croyances, voir le handicap comme une partie de la personne et non comme partie intégrante de celle-ci.

Ce travail personnel réalisé, c’est en conscience changer notre regard, notre perception et découvrir dans tout individu, ses potentiels, ses ressources.

Les personnes souffrant de handicap ont comme tout individu des rêves, des projets, des envies.

Témoignage de Magali, artiste interprète :

« J’ai toujours eu le désir de pouvoir m’épanouir professionnellement au sein de mes deux domaines artistiques : la danse et le théâtre.

Au cours de ces dernières années, j’ai eu l’opportunité de faire ma formation en art du spectacle (licence en études théâtrales, master en danse contemporaine, 5 ans de pratique en théâtre et en danse contemporaine, des stages auprès de professionnels du métier etc.), tant sur le plan théorique que pratique, dans différents domaines artistiques.

Lors de voyages professionnels à l’étranger (Londres, Allemagne, Belgique, Ecosse), j’ai pu récemment exercer ma profession en tant qu’artiste chorégraphique.

Il me paraît également essentiel de me nourrir de différentes méthodes d’enseignement afin d’observer comment la danse et le handicap peuvent se marier harmonieusement.

Les spectateurs ne viennent pas regarder des personnes en situation de handicap qui dansent. Ils viennent applaudir des artistes sur scène ! Il n’est pas nécessaire d’occulter la différence mais au contraire de la sublimer ! Il m’apparaît important dans certaines situations que les appareillages tels que le fauteuil roulant, ou encore les béquilles, perdent leur fonction initiale pour devenir des outils scéniques au service de la création.

De retour en France (mon pays, ma patrie), je me retrouve à ne pas pouvoir exercer mon métier faute de propositions artistiques. Nous avons tendance, en France, à être plus proche de la danse thérapie que d’une production exclusivement artistique et professionnelle.

Je trouve qu’il y a un énorme manque de communication en France sur le handicap et plus précisément sur la reconnaissance des artistes en situation de handicap, chose que je ne retrouve pas en travaillant à l’étranger.

C’est pourquoi, il est essentiel pour moi, d’attirer l’attention sur le fait d’être artiste et en situation de handicap.

Cette année, le CND (Centre National de la danse en France), en accord avec l’association CEMAFORRE a conçu une série de mémento pratique consacrées à la question du handicap : un outil précieux pour tous les enseignants et professionnels de la danse.

C’est une belle initiative qu’il faut souligner, mais il faut aller plus loin.

Comme dans tous les métiers, être artiste (chorégraphique, dramatique etc.) ne s’improvise pas et demande rigueur, pratique et théorie.

La sensibilisation des pratiques artistiques à destination des personnes handicapées commencent, selon moi, au sein de l’éducation nationale.

Pourquoi dispenser les élèves handicapés de l’atelier chorégraphique ?

Ces sensibilisations peuvent être diverses mais sont essentiellement tournées vers les pratiques culturelles et artistiques. (Danse, Théâtre, Cinéma, Performance etc.)

Mes souhaits et objectifs : donner l’accès à l’ensemble de ces activités par :

– L’accès à une formation en Arts du spectacle solide et qualifiante
– L’ouverte du conservatoire pour les personnes en situation de handicap, moteur ou autre.
– Sensibiliser le Rectorat de Paris pour trouver des aménagements qui soient accessibles aux différentes pathologies
– Créer un forum, un registre, une agence qui puisse accueillir et répertorier les différents artistes en situation de handicap et à   destination des professionnels du spectacle.
– Légitimer cette profession pour les artistes handicapés ar un apprentissage professionnel de la pratique chorégraphique, nous pourrons ainsi atteindre pas à pas une reconnaissance sociale, comme n’importe quel artiste.
– Dire stop au bénévolat ! Le nombre de propositions bénévoles et bancales reçues sont nombreuses
– Eviter la sectorisation par la mise en place de projets professionnels accueillant des artistes (valides et handicapées)

Je reste convaincue que nous pouvons concevoir avec des artistes divers et atypiques des projets artistiques de grandes qualités.»

Tout comme Magali, artiste ou pas, vivre de son métier, enseigner l’excellence, c’est s’épanouir personnellement et professionnellement et faire de toute différence, une force, un atout, pour soi et pour Tous ceux qui nous entourent.

Changer notre regard, c’est permettre à Tous de faire vibrer son âme d’enfant et de concrétiser ses objectifs, sans jugement et avec bienveillance.

Je remercie Magali pour la proposition de cette thématique.

Sujet inspiré par Magali Le Naour-Saby. Mail : magaliesaby@gmail.com

 

Dans le prolongement de cet article, je vous invite à découvrir :

Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans cirque

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Le voleur de brosse à dents

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Deux petits pas sur le sable mouillé

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Accueil d’un enfant en situation de handicap au sein de la cellule familiale

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Communication par le jeu

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Article rédigé et publié par Virginie Lefranc (mis à jour, le 7/12/2017)
Thérapeute, Coach de vie, Consultante
Accompagnement à l’épanouissement personnel et professionnel
Gestion stress social et professionnel
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